Un peu de guimauve

En prenant mon petit déjeuner ce matin, j’ai laissé mes pensées vagabonder vers mes souvenirs d’ado.

Ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai pensé à ce qui fut mon souvenir le plus romantique.

C’était à Trégastel, dans les Côtes d’Armor, je devais avoir 14 ou 15 ans. Il faisait gris, car l’image que je garde en mémoire est celle d’un ciel assez bas. J’étais assise sur la plage au milieu des tentes plantées là à l’occasion des «  24h de la voile  », la régate locale traditionnelle. C’était le petit matin, à la fin d’une nuit blanche qui avait vu mes espoirs amoureux s’évanouir tout à fait ; je crois que j’étais assez déprimée. Ou pas. Ce que je garde le plus fortement en moi de cet instant là en fait, c’est le bruit des vagues, l’impression de solitude et le gris de la mer avec ses si petites vagues. La lumière était assez particulière, celle d’un lever de soleil sans soleil. J’étais assez absorbée par le mouvement de l’eau, un peu hypnotisée, et certainement grogi de ne pas avoir dormi.

Et puis il est arrivé derrière moi, et il a posé des écouteurs de walkman sur mes oreilles. La guitare de Mark Knopfler (Dire Straits – Telegraph Road) a rempli l’espace vide entre le ciel, le sable, la mer et moi. Je me suis sentie incroyablement bien.

C’était il y a vingt ans. Le garçon s’appelait Jacques et c’était juste un bon copain de vacances. Il était petit, les oreilles décollées, le sourire heureux éternellement accroché au visage. Sans doute un amoureux à sens unique.

Je ne sais même pas s’il se doute que sans que j’éprouve aucun sentiment amoureux, ses écouteurs sur mes oreilles dans cette photo là restent pourtant le souvenir le plus romantique de mon adolescence. . .C’est crétin je sais pour un souvenir romantique et en même temps, assez parfait. Le genre de moment où le temps suspend son vol, où tout est simple, sans enjeu, reposant. Le genre de moment que l’on voudrait saisir et garder pour toujours.

Ce que j’ai fait.

La preuve, puisqu’il est toujours là.

7 réflexions sur “Un peu de guimauve

  1. Je n’avais pas vu la reponse. Non, je ne crois pas que cela soit possible du fait que je suis nee en 1961. C’etait l’ete 1978, je crois. En tout cas, c’etait chouette… Chaque annee nous apportait un nouveau cru de sauveteurs !

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  2. C’est bien ecrit et cela me rappelle mes propres souvenirs de la plage du Coz Pors. J’etais ado et amoureuse d’un beau sauveteur…

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  3. en lisant ces paragraphes de Isa et ceux qu’elle a écrit sur les autres forums et sites d’amis, il m’est venu une idée comme ça, ne me demandez pas pourquoi : quand est-ce que tu te mets à l’écriture Isa ?

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  4. Je plonge dans ton blog pour la première fois avec l’impression fugitive de ressembler à une « voyeuse » qui, comme son nom l’indique, fouine, observe, discrètement mais avec curiosité, la vie d’une autre… Je me demande souvent ce qui motive à exposer ainsi tout ce qui semble important dans sa vie. (je le fais moi-même !). Mais j’ai eu beaucoup de plaisir à te découvrir et à espionner (mais avec ton consentement) ce que tu es, ce que tu veux bien montrer de toi, de tes goûts, de ta vie. Je dois ajouter que tu es bien agréable à lire, c’est donc un vrai plaisir. Pour conclure : Isa, je crois que je vais mieux te connaître que tu ne me connais !!! 😉

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  5. pffffffffff, ça va pas d’évoquer Trégastel, la plage, les 24h et tout et tout a lors que 20 ans plus tard je me mords les doigtss de ne pas y être allée cette année! Mais quel bonheur d’avoir emmagasiné tous ces souvenirs… C’est fou comme tu m’as donné envie de m’y replonger…A très vite!

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