– Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »?
– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie « Créer des liens… »
– Créer des liens?
– Bien sûr,dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
– Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.
– Tu sais… ma fleur… j’en suis responsable! Et elle est tellement faible! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde…
Du vent.
On se rend compte qu’on n’est pas unique du tout. Que les histoires humaines arrivent à des milliers d’humains et qu’elles sont banales, si banales, qu’elles en deviennent vulgaires.
La responsabilité, ça n’effleure vraiment que le même type de roses. Pas les princes. Qui ne survivent pas à l’épreuve du réel.
A quoi ça sert un prince ?
J’aime encore mieux les vraies personnes, celles qui ne brillent pas, celles qui finalement, restent là debout malgré le temps et les tempêtes. Et le quotidien. Sans doute, celles là seules sont dignes d’être aimées.
En fait, les princes n’existent pas.