Harry Styles au Stade de France | 2 juin 2023 (jour 2)

2019, et j’avais adoré ce titre diffusé sur OUI FM.
C’était Watermelon Sugar, de Harry Styles. Le même, exactement, qui officiait dans le groupe fétiche des ados 10 ans plus tôt : One Direction.
Toute honte bue, j’avais accepté de lâcher prise tant le titre était frais, joyeux, léger, parfait pour l’été. Pour tout dire, j’y revenais sans cesse, c’était une vraie drogue, une machine à me faire sourire.

Le méfait aurait pu être unique. Mais non. C’est sans me faire prier que j’ai récidivé avec As It Was trois ans ans plus tard. J’étais délicieusement vaincue de toute façon, pourquoi ne pas savourer ce plaisir ?

2022, et Inhaler annonce qu’ils feront la première partie d’Harry Styles sur sa tournée mondiale. Ni une ni deux, je me précipite pour regarder les dates. Mais catastrophe, ils ne seront pas des concerts parisiennes ; ce sera Wet Leg, un « groupe de filles ». Quelle déception !
On dirait que la graine est plantée, cependant…

28 août 2022, Deedo m’écrit sur WhatsApp :
« Lundi ouverture des places pour Harry Styles, je pars pour 2 places, si j’y arrive la 2eme est pour toi si tu veux ^^ »
En plein déni de réalité, je sors mon joker : ma filleule adorerait, ce serait surtout pour lui faire plaisir, n’est-ce pas ?

Mais je ne suis pas assez rapide et les places pour le jeudi 1er juin 2023 se vendent en 2 minutes chrono.
Me voilà aussitôt désespérée, moi qui ne connais rien d’autre de lui que ces 2 seules chansons.
Cher mécanisme du désir.

A 16h le jour même, Deedo, qui n’a pas lâché l’affaire, me prévient en 2 messages d’une efficacité redoutable :
« Y’EN A »
« AZY »
Pas même l’ombre d’une ponctuation : chaque seconde compte.
Cette fois je ne réfléchis plus et je fonce. 2 places, pelouse or, incroyable ! Merci Deedo !

C’est ainsi que 9 mois plus tard, me voici avec Deedo et ma Sarah au Stade de France, couverte de paillettes, coiffée d’un diadème étincelant, un boa rose autour du cou, pour le concert d’un artiste que je ne connais à peine, mais dont je sais déjà qu’il me fera passer une excellente soirée.

Avant même le début des festivités, on sait que tout se passera plus que bien. Dans le stade, c’est un défilé de jeunes gens tous plus beaux les uns que les autres, en majorité des très jeunes femmes ou des hommes qui aiment les hommes, habillés spécialement pour l’occasion, le sourire en étendard. Des couleurs vives ou pastel, des pantalons pattes d’éph, des petits hauts en crochet, des salopettes blanches recouvertes de coeurs rouges, des chapeaux de cowboy rose barbie, des ailes de papillon, et des boas et des paillettes aussi, bien sûr. L’atmosphère est joyeuse, hyper inclusive et bienveillante, de quoi rassurer une jeune fille qui se réfugie près de nous à la barrière de la régie, un peu terrifiée par la foule et l’énormité du lieu.

La 1ère partie n’est pas assurée par Inhaler, mais peu importe, car j’ai profité de l’année pour adopter les chansons des Wet Leg, aussi légères qu’efficaces. Sur scène, elles me sont encore plus sympathiques, avec ce côté « hyper cute » quand elles chantent, tout en étant très rock : les grosses guitares n’ont pas de secret pour elles !
Et puis, la chanteuse brune me fait penser à Brisa Roche. J’aime beaucoup.

Je m’inquiète un peu lorsque le visage de Harry Styles apparaît en gros plan : 2 Stades de France en 2 jours, ça laisse des traces, et l’espace de cet Instant, il a l’air totalement épuisé. Selon mes voisines, cela fait en réalité 2 ans qu’il tourne dans le monde. Ah oui, quand même.

Mes craintes seront vite balayées, et le concert ira au delà de mes espérances.
Car si l’homme a toutes les raisons d’être épuisé, il se comportera comme s’il avait une conscience aiguë de sa responsabilité d’entertainer, ayant à cœur de rendre au moins autant que ce qu’il reçoit. Épuisé ou pas, il n’en montrera rien, et donnera donc tout. La bonne humeur, le chant impeccable (à en forcer l’admiration), l’attention à tous et parfois, à chacun, l’énergie communicative, le sens de l’humour, l’auto dérision, le sourire xxl et la danse, le sens du rythme ; dans chaque compartiment de sa prestation, il était au rendez-vous et plus encore.

Pour moi qui le connaissait à peine, il m’a bluffée.

Plus encore que l’artiste, c’est la personne qui m’a définitivement séduite. Le genre de personne qui a la délicatesse de s’inquiéter pour le staff qui œuvrerait encore tard après que nous serons tous rentrés chez nous, le genre de personne qui regarde le public dans les yeux, le genre de personne qui accorde aux femmes une place de choix parmi ses musiciens (sa super batteuse, ses musiciennes aux guitares et aux cuivre – « More women on stage », pour lui, ce n’est pas une posture, c’est factuel), le genre de personne qui s’arrête pour lire les messages des pancartes, ou qui prend soin de demander l’autorisation de porter sur l’écran géant la demande en mariage d’une femme à une autre femme.

Cette attention portée à l’autre, qui transpire dans chacune de ses attitudes ou de ses actions, se retrouve aussi dans ses chansons. Ainsi le titre Matilda, très émouvant, dans lequel de nombreux jeunes mal aimés (ou pire) dans leurs familles, peuvent puiser soutien et réconfort.

Et finalement, des chansons, j’en connaissais d’autres. Comme Sign of the times, qui ne n’est plus seulement la chanson de Prince, désormais.

J’ai appris à en apprécier d’autres, comme Music for a Sushi Restaurant, ou Medicine, qui n’avait pas été joué la veille au grand désespoir de beaucoup, et qui, étonnamment, m’a fait penser aux Queens of the Stone Age.

Ou encore Satellite et son irrésistible robot.

Bref, j’ai passé une soirée mémorable, jolie, festive, pleine d’amour, de beauté, de musique et de joie partagée, de moments étranges (les popopo du SDF, a priori totalement franco-français, sur lesquels Harty Styles a déliré un moment ; la chenille dans le stade, du jamais vu). Une soirée « feel good » qui fait tout oublier. Qui rend heureux.

Avec cet homme, Harry, que l’on peut appeler aussi, je crois, « un homme bien ».

Cet homme, Harry, qui a du style.
(Désolée, c’est indéfendable, je sais).

Remerciements : ma filleule chérie, et mon amie de 20 ans tout pile (qui l’eut cru)

Photos et vidéos @Isatagada

La playlist complète de mes vidéos du concert :

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