Rock en Seine 2023 – Jour 1 : Girl in Red, Billie Eilish

Grâce au tir groupé de mon super CE, le deal 2023 prévoyait l’ensemble des 4 jours de RES.

Nous voici donc partis en ce mercredi pour une journée 100% féminine, entièrement conçue autour de la tête d’affiche dont on ne connait rien hormis le fait qu’elle est une star et que c’est une immense chance de la voir : Billie Eilish.

Mais ma star à moi, cette année, c’est ma nièce américaine Margo, fraîchement débarquée des Etats-Unis après 6 ans d’absence, pour qui j’ai trouvé in extremis des billets pour chacun des 4 jours, y compris le graal du dimanche (les Strokes, Foals, The Murder Capital) ; merci au trio Ophé > Pierre > Aurélie !

C’est son premier festival, et j’aime infiniment qu’elle partage ce moment avec nous dans le splendide Parc National de Saint Cloud.

Nous n’avons pas prévu d’arriver dès l’ouverture, ce qui nous évite le retard à l’entrée dont tout le monde a parlé. Notre programme est light pour ce 1er jour : exceptionnellement, rester sur la grande scène et nous contenter de seulement 2 concerts : Girl in Red et Billie Eilish.

C’est une joie de revoir Girl in Red, Marie Ulven Ringheim de son vrai nom, qui nous avait conquis quatre ans plus tôt alors qu’on la découvrait.

Tout ce qui nous avait plu chez elle nous revient dès le premier titre : son naturel désarmant, sa simplicité (vêtements amples basiques, pas de maquillage, cheveux lâchés sans artifice), son énergie et sa générosité sur scène, la pêche de ses musiciens – les mêmes qu’en 2019, ses chansons intimes et sincères, sa joie communicative, sa totale cohérence entre l’être et le paraître.

La jeune norvégienne est malade ; très fiévreuse, elle ne s’économise pourtant pas et donne tout, malgré ce contexte particulier qu’aggrave une chaleur caniculaire. Elle saute et court dans tous les sens, mais elle est si mal qu’il lui faut s’asseoir à deux reprises en s’excusant, pour éviter le malaise. Elle repère alors ceux qui surviennent dans le public, dont elle s’assure qu’ils sont pris en charge avant de reprendre son set.

Elle s’éclate en tout cas, et ses guitaristes ont l’air de s’éclater au moins autant, avec leurs instruments et avec elle, se lançant parfois dans des battles de cheveux façon headbanging assez drôles.

Pour le dernier titre, visiblement soulagée d’avoir tenu jusque là, elle lâche totalement les chevaux et termine en slamant sur le public ; assez rare pour une femme artiste de musique.

Pour ceux qui ne parlent pas anglais et n’ont pas compris ses explications, pas sûr qu’ils se soient rendus compte de quoi que ce soit.

Un vrai plaisir, communicatif de bout en bout.

La foule se tasse de plus en plus à mesure que l’arrivée de Billie Eilish se précise. Deux très jeunes filles qui viennent d’arriver derrière nous semblent vivre l’expérience de leur vie. Leur voix monte dans les aigus à rendre sourd, et si elles pouvaient monter sur nos épaules, elles le feraient. Des cris stridents montent du public et le mur de téléphones portables restera omniprésent pendant tout le temps du concert ; Billie Eilish semble déchaîner les passions… y compris dans l’organisation du festival, qui a déboursé 1,5 millions d’euros pour s’offrir la jeune femme de seulement 21 ans.

Alors qu’on nous explique que l’artiste est très engagée sur un tas de sujets, authentique et proche de ses fans, ce qu’on ne peut qu’approuver sur le papier, le ressenti est tout autre.

Billie Eilish en fait des caisses, n’a de cesse de nous demander de sauter, de prendre nos voisins dans nos bras pour leur faire un câlin, de leur dire qu’on les aime, affirme qu’elle nous aime aussi et que si elle le pouvait, elle ferait un câlin à chacun d’entre nous, qu’il faut œuvrer pour sauvegarder notre planète, etc… Parfait, sauf que tout sonne faux. Les malaises dans le public serré comme des sardines ont quasi l’air de l’agacer lorsqu’elle demande à la sécurité d’intervenir (gros contraste avec Girl in Red, qui semblait réellement inquiète), le discours écolo s’accompagne d’une débauche de moyens pyrotechniques et d’une énorme scène inclinée (par ailleurs sous-utilisée) assez peu compatible avec un bilan carbone limité, et son attitude générale transpire la star déjà blasée qui ne fait qu’appliquer des recettes du moment auxquelles elle ne croit pas vraiment.

La relation avec son frère, par ailleurs son « meilleur ami », nous met mal à l’aise. Celui qui a lancé sa carrière et co-écrit ses chansons l’accompagne aussi sur scène, où il joue de la guitare et du piano. En duo, le frère et la sœur interprètent quelques titres acoustiques intimistes dignes de Lady Gaga et Bradley Coper dans A Star is born, ce qui enchante visiblement la pelouse de Rock en Seine. Mais pour nous quelque chose ne colle pas, ne passe pas.

Cela a beau n’être que des impressions, on ne peut s’empêcher de comparer l’atmosphère ambiante avec celle du concert de Harry Styles, qui n’avait rien à voir tant sur scène que dans le public, malgré les similitudes théoriques.

Pour ce qui est du set en tant que tel, la voix est jolie et claire, le son est excellent, c’est techniquement assez parfait, et quelques titres nous plaisent plutôt bien. Mais le live a cette particularité d’aller au delà de la performance artistique, de mettre en lumière l’humain, et de toucher ou pas.

Visiblement, la connexion ne s’est pas faite avec nous, contrairement à d’autres que nous croiserons très émus ou carrément en larmes sur le chemin du retour.

Encore une fois, Girl in Red aura donc sauvé une journée de festival. Qu’elle en soit remerciée 🙂

A bientôt pour la suite, avec pour patienter, la playlist de ce jour 1 en 8 vidéos :

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