
Il arrive qu’une première écoute suffise à créer un mythe personnel. Ce fût le cas pour House of Jealous Lover de The Rapture, qui m’avait entraînée dans une danse folle dans mon salon, à tourner sur moi-même comme une toupie, les bras écartés.
A l’annonce de leur Maroquinerie en 2011, impossible de ne pas en être. J’en garde à jamais un souvenir extatique – ce qui est curieux, compte tenu de ce que j’écrivais à l’époque.
Trois ans plus tard, le groupe se séparait, sans réel espoir de réconciliation.
On avait cru au miracle, pourtant, fin 2019. Las, le COVID était passé par là, sonnant le glas de leur reformation.

Et puis ce petit miracle, avec ce concert à Pleyel. Qu’on avait d’abord pris pour une erreur tant cela paraissait impossible.
Luke Jenner confirmait pourtant le retour sur scène :
» This has been a long time coming. Years ago when I stepped away from the band I was needing time and space to piece together my life. I needed to fix my marriage, be there for my son, and ultimately work on myself. This tour marks a new chapter for me, one shaped by everything I’ve lived through and learned along the way. I’ve achieved everything I hoped to achieve through music, and now I get to use it to help anyone else who maybe needs it like I did back then. «
Et on y était finalement, à Pleyel, à la limite de se pincer pour y croire.
Premier constat : Luke Jenner n’a toujours pas le look de sa musique, avec ses cheveux bouclés et son velours vert sans forme.
Deuxième constat : The Rapture n’est plus un groupe. De la formation originale, seul le front man subsiste, mais aussi terrible que cela puisse être, seuls les fans hardcore l’auront noté. Il faut dire que les musiciens de scène remplaçants auront été rien de moins qu’éblouissants, suscitant l’enthousiasme général de la salle.
C’est une véritable prouesse, tant les morceaux de The Rapture sont de savants composés où chaque instrument a son importance, se distingue, prend sa part de gloire à un moment où à un autre. Forcément, chaque musicien ne peut qu’être très exposé… et remarqué ! Quel régal que ces lignes de basse jouées par Conor Kenahan (tout aussi parfait au clavier et aux chœurs) ! Comment ne pas prendre son pied sur la batterie phénoménale de Sam Bey (également remarqué pour sa musculature insolente) pendant How Deep Is Your Love ?
Luke Jenner, de son côté, reste celui qui sait nous faire danser comme un seul homme. Personne dans la fosse ne demande son reste, tant il est jouissif de revoir The Rapture sur scène. Ça bouge, ça chante, ça profite comme si c’était la dernière. D’ailleurs, qui sait ?
Le leader survivant reste difficile à cerner, presque punk malgré son look d’étudiant attardé en philo, avec sa voix stridente et sa façon de ponctuer ses chansons de cris parfois dérangeants et de riffs de guitares à l’avenant. Luke Jenner brouille les pistes mais assure le show en mélangeant les genres. Quoi qu’on en pense, c’est sa singularité qui garantit la recette du succès de The Rapture.
Découverte pour moi, le titre No Sex for Ben, tiré du jeu video Grand Theft Auto IV, est l’un des highlights de la soirée.
Le temps passe à une vitesse folle, d’autant que les titres s’enchaînent et… qu’ils ne sont pas nombreux…
Douze morceaux seulement et c’est déjà l’explosion programmée avec House of Jealous Lovers, final que je ne suis visiblement pas la seule à attendre avec une excitation qui frôle la fébrilité. Au passage, big up au groupe La Sécurité, qui assurait la première partie, et en profite pour s’éclater à la cloche de vache.
A peine une petite heure et puis s’en va. Que c’était court ! Mais qu’est-ce que c’était bon aussi !
Et tant pis pour In The Grace Of Your Love, grand absent de la soirée.
Alors qu’on n’espérait plus revivre ces chansons en live, on a pris notre pied et tout ce qu’il y avait d’autre à prendre.
Y compris la rose offerte par le chanteur, et ce tee-shirt, flower-power en diable, déjà collector.

Gageons qu’il y aura une prochaine fois !
Photos et Vidéos © Isatagada
Pour voir toutes mes vidéos du concert, cliquez ICI pour les retrouver sur ma chaîne Youtube.
Setlist : Confrontation / Sister (saviour) / Heaven / Echoes / Bluebird / Open (up your heart) / Wayuh / Chair (that speaks) / Swingtown / No Sex (for Ben) / Killing // How Deep (is your love) / House (of jealous lovers)

Relire sur le blog : https://isatagada.fr/2011/09/07/the-rapture-la-maroquinerie-5-septembre-2011/