
Quelque peu découragée par le prix des billets et la taille de la salle (9000 places), un peu lassée aussi, peut-être, j’avais décidé de ne pas aller voir Tamino à l’Adidas Arena.
Mais finalement, alors qu’une copine de concert en solo me proposait de lui acheter une place, je résistais très exactement une heure et huit minutes avant de lui dire banco !
« Génial, je garde donc la place pour toi, ça va être top, hâte d’y aller avec toi ! » me répondait-elle.
Sauf que.
Sur place, impossible de nous retrouver. Et pour cause : sa place en gradin était porte W, en bas à droite de la scène, quasi au niveau de la fosse et la mienne, porte N, à l’opposé de la salle, tout en haut (avant-dernier rang). Ainsi nos places n’étaient pas à côté, ce que j’ignorais, alors qu’elle l’avait toujours su. Sympa. Je n’avais jamais été aussi loin en concert. Et surtout pas pour 51€ !!!

Me voilà donc de fort méchante humeur, seule, et aussi loin que possible de la scène, alors que je ne vois aucun écran géant (ce en quoi je me trompais).
Après une première partie plutôt agréable mais dont je ne vois absolument rien (Searows), Tamino entame son set avec My Heroine, qui m’avait malheureusement ennuyée dès sa sortie.
Plus malheureusement encore, c’est cet ennui qui caractérisera la moitié de ce concert, à l’orchestration essentiellement acoustique (malgré un son au volume particulièrement poussé), écrasé par un violoncelle dont l’omniprésence finit par étouffer tout le reste. Il y eut bien ce malaise en fosse, qui fit s’interrompre Tamino, et le featuring à la guitare de son ami « célibataire », mais il fallait farouchement adhérer à l’esprit quasi religieux qui avait saisi l’Arena pour ne pas trouver tout cela globalement… chiant.
Que de regrets en repensant à la direction plus électrique d’une Cigale, qui reste décidément l’un des meilleurs souvenirs live du prodige égypto-belge (avec Colin Greenwood jouant à cache-cache dans le public, si vous vous souvenez).
Tout n’étant pas à jeter, de nombreux titres font toujours autant plaisir à entendre, dont Persephone, Indigo Night, ou encore First Discipline, avec ses passages de batterie qu’on aime tout particulièrement, et ses paroles de fin qui touchent infiniment.
« I’m afraid that no amount of fame
Will ever wash away the shame
Of knowing not how to love your only friend
Who will love you ’til the end«
Bien que l’on trouve le dernier album en date plus faible, certains titres sortent du lot, dont l’excellent Raven, plus rythmé, avec de sublimes vocalises qui ont fait la réputation de Tamino.
Sanctuary, plus pop, passe bien en live malgré l’absence de voix féminine (sur disque, le titre est le fruit d’une collaboration avec l’artiste nippo-américaine Mitski).
Parmi les morceaux les plus lents, Babylon, ceinte de montagnes rouges gigantesques, clôture le concert d’une belle façon.
Le rappel surprend. Car plutôt que de couronner le concert, Habibi est au contraire le premier morceau joué (avant les dispensables Dissolve et Smile). Déjà réclamé par le public, le titre est un peu l’éléphant dans la pièce, celui que tout le monde attend et que, peut-être, son auteur est en train de prendre en grippe.
J’en veux pour preuve, outre son déclassement plus bas dans la playlist, cette version inédite et – j’ose – bâclée, où il ne chante carrément pas la note attendue.
Scandale !
Même si c’est triste pour les nouveaux adeptes (que dire de ceux dont c’était le premier concert et qui avaient attendu ce moment avec ferveur), pas impossible qu’on s’en fiche un peu, de notre côté. Est-ce qu’au bout de neuf concerts on n’en aurait pas un peu fait le tour ? Probable.
Dans les couloirs du métro, le public chantonnait la mélodie d’Indigo Night, de toute façon…
Pas sûre qu’un dixième concert me décide avant longtemps…
Set list : My Heroine, Raven, The First Discipline, Willow, Sanctuary, The Flame, A Drop Of Blood, My Dearest Friend and Enemy, Elegy, Sleeptalking, Tummy, Persephone, W.o.t.h, Indigo Night, Babylon // Habibi, Dissolve, Smile

Retrouverez toutes mes vidéos du concert sur ma chaine Youtube :