Vagues inavouées

On a beau avoir roulé sa bosse, largement dépassé la trentaine, connaître tous les pièges et savoir tout ce qu’il faut savoir et parfois plus alors qu’ on a rien demandé, une fille reste une fille. Surtout lorsqu’elle est doublée d’un cœur d’artichaut. Bêtement romantique et incurable rêveuse, avec l’imaginaire qui tourne à cent à l’heure.
Au pays de  Candy, j’ai toujours quinze ans dans ma tête, et dans ma tête c’est pratique, il n’y a ni mari, ni enfants, ni responsabilités ni traites à payer, ni belle histoire d’amour sage qui dure depuis près de vingt ans, ni raison. Ni rien.
Alors dans ma tête parfois, je pars en voyage.
«…Avant que ne vienne notre heure… »
Le meilleur c’est toujours avant, c’est là qu’il faudrait rester. Les mots, les regards, les échanges anodins. Et le courant qui passe, l’alchimie. On le sent. On le sait.
Et puis on guette la moindre nouvelle, le message, n’importe quoi. L’attente fébrile.
« … Sous l’écume de ton cœur j’ai vu des vagues inavouées… Vertigineuses profondeurs où tu rêvais de m’entraîner … »
Je rêve c’est vrai.
Il me prendrait dans ses bras et ce serait l’explosion. Un vrai baiser de cinéma. Rien de plus : ce serait déjà tout.

« …Tu m’éclaboussais de ton corps, tellement que je ne m’y suis noyé… »

Retour à la vraie vie. Où je ne me noie pas. Jamais.
Avec une pensée pour toutes celles qui rêvent aussi ce genre de rêve. Chères Madames Bovary.
Inavouable, je suis d’accord.
Et pourtant indispensable.

Je me suis toujours demandée si un jour je ne basculerai pas.

« Méfie-toi de l’eau qui dort ».

 

Merci à Anthony Fletcher pour les mots de son « Atlantique »

13 réflexions sur “Vagues inavouées

  1. Isa, Isa, Isa…
    T’inquiète, une vague, ça s’en va et ça revient… Mais ça s’en va. Et même si on n’a pas envie que ça s’en aille, on sait bien que c’est la seule solution. Ou au moins la meilleure.
    Ensuite il ne reste qu’une trace dans le sable, qui devient plus doux… de plus en plus doux… Et on ne regrette pas d’avoir lutté contre les flots et d’être resté sur la plage.

    J’aime

  2. isa92, :-)))) mouarfff tite Isa… pas besoin de me le dire (même si c’est doux à entendre :-))… le fait que tu sois souvent à mes côtés me fait me dire que, malgré nos différences, on ne se deteste pas looool ;-), un peu plus sérieusement… je crois que l’on commence à vraiment bien se connaître, à savoir comment l’une et l’autre « fonctionne »… et çà, c’est précieux 🙂
    suis heureuse et fière de te connaitre p’tit bout de femme, ton amitié compte beaucoup pour moi 🙂
    Grossssssssss bisous

    Fleur.. Fleur… Fleur ??? la jolie Fleur du nord ???? (ou je me trompe complètement ??) si c’est toi, toute contente de te croiser ici… gros bisous
    Si ce n’est pas toi… gros bisous quand même 😉

    J’aime

  3. Ma fleur, je t’embrasse fort. J’espère te revoir très vite 🙂
    CD, qui que tu sois, si un jour tu veux qu’on en discute, tu sais où me trouver …
    Sand, ma Sand … je ne sais pas ce que je ferais sans toi, je ne sais pas si je te le dis assez !!!!
    Bon et puis pour tout le monde, je vais mieux. Merci à certains pour leur franchise, et à tous pour votre amitié.

    J’aime

  4. j’ai mis mon com dans la pas bonne catégorie… me suis gourée quoi… oups…
    c’était pas par rapport au êve du bisou,
    mais par rapport au com de sand, sur le fait de vivre cette aventure de fan.

    J’aime

  5. mon isa, comme je te comprends
    tu sais que c’est pour ça que j’ai tout arrété…
    la différence c’est que moi, mon homme ne supportant pas du tout, il me faisais culpabiliser de ne plusa voir els pieds sur tere, alors il a fallu que je fase un attérissage forcé, pour en finir avec cette vie pleine de rêves et revenir à notre réalité avant de la perder totalement…
    faut dire aussi que n’étant pas bien dans ma peau, ce n’était pas le moment de rêver tout haut, je m’y perdais.
    maintenant je vais bien, mais du coup, j’ai peur d’y retourner… c’est dingue!!!
    peur déjà de la réaction de mon homme, mais aussi j’ai tellement eu de pétages de plombs que j’ai peur de moi…
    tu as de la chance d’avoir ton homme à côté qui sait quand même gérer tout ça…

    bisous mon isaaaa

    J’aime

  6. C’est peut être un trait féminin cela…
    Le rêve nous permet de nous évader d’un quotidien qui au fil du temps pèse un peu lourd même si on l’a voulu et choisis.

    Y a t il des femmes qui ne rêvent plus ?
    Y a t il des hommes qui rêvent ?

    Je me reconnais aussi, la noyade en plus !

    J’aime

  7. Mais pourquoi, à chaque fois que je te lis, je me reconnais ? Dans un sens c’est rassurant… et en même temps complétement flippant car tout ce que je n’ose pas dire se retrouve sur ce blog ! On se ressemble jusqu’au goût musicaux, à la nuance près que, annonçant haut et fort que j’adore Blur, les Pixies, Placebo, Cure, DM (et j’en passe…), j’assume pas du tout le fait d’écouter aussi Thierry Amiel (Pourquoi ? ben euh… je sais pas, parce que ça pète beaucoup plus de dire qu’on est fan des Pixies que de T Amiel… Ouais, je sais c’est nul !!!).

    Pour en revenir à ce que tu as posté aujourd’hui, tu dis que parfois, dans ta tête, tu pars en voyage… Et bien, il paraît que ça fait du bien … Je pratique ça moi aussi mais un peu trop souvent malheureusement, et au fil des années, je me suis rendue compte que j’avais de plus en plus de mal à revenir : mon mari, mes enfants m’empêchent de rester dans ma bulle (pour le mot « bulle », il faut traduire « solitude dans laquelle je me suis enfermée »). C’est bizarre quand même d’avoir ce genre de comportement quand on a tout pour être heureux (et qu’on en a conscience en plus !!!). Bon, de toute façon, pour ma part, je sais que je suis une éternelle insatisfaite.
    Voilà, ça n’aura pas fait avancer le schmilblick (j’sais pas comment ça s’écrit !!!) mais ça fait du bien de vider son sac de manière anonyme donc merci à toi de m’avoir donné l’opportunité de le faire.
    Bonne continuation.

    J’aime

  8. ah.. et j’oubliais… concernant le « basculage-basculement » éventuel.. pourquoi tu crois que j’aime sortir avec toi loool.. je tiens mon rôle de garde fou très à coeur (non pas que tu sois folle loool ^^)… et je sais empêcher les gens de boire de l’eau (tu me connais, l’eau çà fait rouiller !!!! ^^)

    J’aime

  9. Mon Isa…. je n’ai aucune intention de te gronder… loin de moi cette idée.. mais quelque part.. tu me connais, çà me fait mal au coeur, pour toi, pour moi… Je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis (hormis « le mari » ^^)… j’ai toujours, malgré tout ce que l’on peut dire ou faire, une impression, un sentiment de frustration (dans mon cas elle est totalement réelle mouarffff ^^) car je n’ai pas « ton retour à la réalité » (re-« le mari »)… j’aime vivre dans ce pays imaginaire mais c’est bien dangereux et peut parfois provoquer des coupures avec la réalité… mais je suis comme toi une indécrottable (pas zoli zoli comme terme lol) romantique et quelque part je le revendique… mais parfois ces rêves d’ideaux me font voir la « vraie vie » avec des yeux un peu trop sévères… et puis… c’est une sorte de carapace aussi.. m’enfin je ne parle que de moi…
    Bref… comme tu dis inavouables mais indispensables, ne serait-ce que pour la santé mentale, avoir une part d’imaginaire, de rêve et de folie… c’est indéniablement indispensable.. je dirais même vital !!!
    Gros gros bisous et promis, pas de tape quand je te vois dans la real life 😉
    (nota: désolée si j’ai fait du hors sujet, jamais su comment disserter avec brio au contraire de toi !!!! mais çà m’a trop rappeler mon sujet de philo au bac, « faut-il préférer un douce illusion à une vérité difficile » ou un truc dans le genre lol)

    J’aime

Répondre à isa92 Annuler la réponse.