Le sport (ou tout autre chose …)

Le sport. Ah ah ah. Enfin c’est ce qu’on dit quand on est encore disons, « un jeune con » (ou une jeune conne pour ce qui me concerne). Ce dernier, soit dit en passant, se rend parfaitement compte que parmi les gens plus agés, il y a une différence nette entre ceux  qui se sont entretenus régulièrement et les autres. Excessivement nette d’ailleurs. Alors arrivé à un certain âge, bon, on se dit qu’il va falloir y aller si on ne veut pas vieillir mollusque, que ça va devenir indispensable pour que l’image renvoyée par le mirroir soit à peu près supportable.

Vous avez peur de vieillir vous ? Parceque moi, beaucoup. Et objectivement, c’est idiot. Je ne suis jamais autant aimée qu’aujourd’hui. Il faut bien, remarquez, pour accepter de vivre avec soi-même. Quand j’étais petite je détestais tout de moi : mon corps, mon manque de confiance en moi, mon incapacité à être une fille cool, ou plutôt populaire, mon peu de talent quant à un look vestimentaire qui faisait toujours ringard, quels que soient mes efforts, mais surtout mon corps. J’aurais tout donné je crois pour être belle et mince et bien habillée comme mes meilleures copines. Pour ne pas être poursuivie dans la cour d’école pendant une récré entière par des garçons qui appellent « hé, beauté ! » pour me lancer en riant un triomphant « pas toi cageot ! » lorsque, à bout de résistance, et au bout de ce qui me parait comme un éternité, je finis par me retourner. Pour ne pas être la gamine toute seule au centre d’une ronde cruelle qui se jette mon bonnet que j’essaye de récupérer en courant de l’un à l’autre. En vain. Et en larmes. Mon pire souvenir probablement. Pour ne pas être la fille brillante de la classe, celle que l’on ne prendra jamais dans son équipe en cours de gym, celle qui ne trouve finalement refuge qu’auprès des adultes. Pour ne pas être celle que ses frères traiteront toujours de grosse, la soeur qui fait honte aux copains. Tous ces trucs qu’on traine toute sa vie derrière soi, qui participent, qui construisent cette putain de mauvaise image que j’avais, que j’ai encore de moi-même.

Qui voudrait rester enfant après ça ? Pas moi, surtout pas moi, j’étais bien trop mal, je me haïssais trop. Pour ça, c’est bien de vieillir. Même si je reste à jamais cette enfant là. Je m’habitue. Je positive sur ce que j’ai de bien. Je fais des blogs. La preuve que je ne m’habitue à rien en fait. Que je me démène pour ne plus jamais jamais être cette môme qui souffrait tant de ne pas être aimée. Qui se débat en vain et qui le sait. Parce qu’elle n’y arrivera jamais. Parce que JE n’y arriverais jamais. On est comme on est et rien ne change jamais.

Si vous m’aimez ça ne comptera jamais vraiment pour moi, vous devez être encore plus faible que moi, ce n’est pas vous que je dois convaincre. Pour les autres, ceux qui se moquent, qui n’ont besoin de personne (enfin, qui font sembkant), je serai toujours la gentille fille qui en fait trop, qu’on ne considère pas vraiment, et je n’aurais de cesse que de vous servir de paillaisson.

Maso. Bien sûr. Et méchante au fond peut-être aussi. C’est une vraie souffrance. Heureusement que parfois, pour les amis les vrais, ou pour l’amour le vrai, la relation s’équilibre. Quand les choses ne sont pas simples alors c’est qu’elles ne doivent pas en valoir la peine. Ou que c’est bien trop compliqué. On trie au moins. Bon, on essaye.

La solution c’est peut être d’arrêter de bloguer, c’est de se ficher complètement de l’autre, de son avis, de son amour et de se recentrer sur soi. De faire du sport donc aussi, d’agir pour son propre intérêt, de se considérer, de se respecter soi-même avant tout le reste. Tous ceux qui réussissent ont compris ça. Comment être aimé vraiment si on ne s’aime pas suffisament. Vieillir, ça permet au moins d’essayer. Je ne fais du sport que depuis trois ans, c’est un bon début pour se supporter un peu plus.

Pour le reste je rame toujours…

Une réflexion sur “Le sport (ou tout autre chose …)

  1. Quand j’étais petit, comme toi, j’ai couru après mon bonnet, je me suis caché à la piscine pour pas qu’on voit mon corps chétif. J’ai rougi dix mille fois quand on s’adressait à moi. On m’a traité de tous les noms d’oiseau. Quand j’ai grandi, j’ai souffert de ne pas être le mec cool que tout le monde aime. J’ai pleuré de ne pas pouvoir dire tout ça à quelqu’un.

    Puis je t’ai rencontré et ma vie a changée. J’ai grandi a travers toi, si vite si loin, au point de ne plus vouloir m’arrêter. Je t’ai aimée et admirée pour ce que tu es vraiment. Un être aimable, ouvert aux autres, belle jusque au fond de ton cœur, sensible. Je t’ai aimé tellement fort au point de ne plus faire rien d’autre.

    Puis tu t’es mis à distiller du bonheur à tant de Thyfans, collègues et Blogueurs en tout genre.

    Pour moi, le brouillard est arrivé et je ne t’ai plus vu alors que tu étais toujours là. Pourtant, tu es encore plus rayonnante aujourd’hui.

    Alors j’ai ouvert les yeux, c’était très difficile et très douloureux. Aveuglé. Et j’ai compris ce que tu voulais m’expliquer. Moi aussi je rame.

    Alors je me suis dis que je devais faire du sport…

    Et la semaine dernière, on a couru en famille, nos jambes s’en souviennent encore 😉

    Mais tout ça ne fera pas de nous des êtres plus beaux, peut être seulement plus fiers. Ce qui fera de nous des êtres aimables c’est des choses comme ce que tu fais.

    C’est l’attention que tu apportes aux gens, les pensées et paroles que tu distilles à travers ton écran, tes concerts, tes cinoches et restos entre copines, les perles musicales que tu fais partager et découvrir à tes amis…. Et aux autres.

    On t’envie tous, moi le premier, car tu es heureuse. Car en ramant tu avances.

    C’est pour ça qu’on t’aime, et ça vaut tous les miroirs.

    J’aime

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