Rufus Wainwright (+ Scott Matthews) @ Hammersmith Apollo – LONDRES !

Quel régal d’être à Londres pour assister au concert de Rufus Wainwright à l’Hammersmith Apollo, dont le billet m’était offert par Susi (merci merci, je n’arrive toujours pas à le croire !)
Après une après-midi passée à nous promener dans les rues de Londres, nous retrouvons Julia/Mifanwy, son fiancé et ses parents dans un pub à côté de la salle. Ils sont déjà allés le voir la veille et nous préviennent de ne pas nous étonner de l’attitude du public. En effet, Celui-ci est resté majoritairement au bar pendant la première partie, certains même sont arrivés alors que Rufus en était déjà au quatrième titre, bref, nous n’avons visiblement pas la même culture des concerts ! La première partie, justement, Susi et moi sommes assez curieuses de savoir ce qu’ils en ont pensé. Nous adorons Scott Matthews, et sommes doublement heureuse à la perspective de le voir, lui ET Rufus le même soir. Ils n’ont pas l’air emballés, nous disent en substance qu’il se produit accompagné d’un quatuor à cordes (3 violons et un violoncelle) et que ses chansons leur ont semblé pour le moins dépressives.

Dans le hall nous rencontrons Marie, qui est l’élue du soir pour la partie parlée de « Between my Legs ». Elle n’a pas l’air très rassurée, ce qui se comprend plutôt compte tenu du fait qu’elle n’a pas fait de balance ni répété avec Rufus. Elle est juste là comme nous le sommes nous-même, et ne montera sur scène qu’au dernier moment, sans autre préparation !

Compte tenu du ressenti de mes amis, je m’attends à être relativement déçue par la prestation de Scott Matthews. Par chance il n’en est rien, c’est même tout le contraire ! On ne peut pas dire qu’il brosse la salle (au trois quart vide en effet) dans le sens du poil, et sa communication est plutôt du genre rugueuse. Je suis bluffée, en revanche, par voix impressionnante, et là je en parle pas seulement du coffre, mais de son particularisme. Une voix aussi caractéristique est plus que rare, et l’entendre se développer dans une salle de concert est indéniablement une chance. Alors même si je suis pas fan du « tout cordes » (la rythmique, la rythmique !) et que je convienne bien volontier qu’il ne soit pas facile d’apprécier la performance telle quelle pour une première rencontre, je suis pour ma part enchantée de la confirmation. Je croise les doigts pour qu’il arrive en France un jour celui-là. Très franchement ! Et si à l’occasion vous pouvez vous le procurer, sautez sur son album « Passing Stranger« , il est plus qu’excellent. D’aucun ont émis des comparaisons avec le style de Nick Drake et Jeff Buckley, pour vous donner une idée. Mais ce n’est qu’une idée de la pointure et du talent, si vous voulez mon avis. Scott Matthews est avant tout singulier, et en tout cas à cette hauteur là. C’est mon avis que je partage !!!

The Fool’s fooling himself

Lorsque Rufus arrive enfin, je m’aperçois avec étonnement que malgré que je pensais être presque blasée, c’est toujours une sensation forte de me trouver là en face de lui et d’encaisser ses premières notes. Je ne suis sans doute pas au point de Julia Roberts dans sa scène de Mme Butterfly (Pretty Woman) mais hum… à vrai dire, je n’en suis pas si loin ! D’accord, nous sommes aussi en Angleterre, et ça n’est pas rien, tout de même, d’être à l’Hammersmith Apollo de Londres. Je suis très heureuse, tout de même, d’éprouver cela.

Rufus est donc très en voix et parle beaucoup comme à son habitude. Il raconte ce que fait le drapeau américain en décor de scène (les rayures pour les mauvaises choses, les étoiles – qui sont ici en forme d’étoile mais aussi de soleil, de libellule, de papillon etc – pour les bonnes choses; ils sont tous, d’ailleurs, habillés en drapeau, costumes rayés et broches partout), parle des broches en strass qu’il faut continuer à lui offrir. Ah ça les broches en strass !!! « Treize pour chaque personne sur scène, dit-il ! Et je veux arriver à vingt ! Tant pis, si je n’ai plus de place, je me les accrocherai sur les joues ! » Sauf qu’il en manquait deux pour l’un d’eux. « Alors, je me suis débrouillé, je les ai fait apparaître de nulle part, comme Mc Giver vous voyez ?! » Et il ajoute, hilare : « sauf que moi je suis Mc Gaver ». Bien, sur son forum ils ont compris « Mc GAYver », les deux à mon avis sont valables, mais mon interprétation a l’avantage de bien cadrer avec le contexte de la multiplication des broches ;-)

 

J’essaye de me souvenir de tous ces petits détails qui rendent un concert de Rufus Wainwright unique… Hormis le drapeau comme déco, des boules disco sont accrochées au plafond et envoient des étoiles sur Release the stars. Going to a town est très applaudi. Il fait quelques erreurs sur Cigarettes et Chocolate Milk, mais j’adore toujours autant la fin de celle-là et je ne peux pas m’empêcher de chanter en choeur avec lui ! Pendant ce temps les gens continuent à arriver, à repartir se chercher une bière comme s’ils étaient chez eux, devant leur télé. Je couperai bien quelques têtes ^^ The Art Teacher est magnifique, peut-être un peu trop rapide. Rufus est seul au piano éclairé par un faiseau de lumière, l’effet est sublime.

The Art Teacher


Tiergarten
ensuite, que je préfère version live. Je remarque en filmant qu’il est encore à poil sous sa veste de costume et je n’arrive pas à détacher mon regard ! Sacré Rufus !!!

Tiergarten

Arrive Between my Legs, et c’est au tour de la petite Marie de rentrer sur scène. Elle danse un peu en retrait, et pas tellement en rythme ce qui me fait craindre le pire. Lorsque c’est à son tour de déclamer les fameuses lignes, elle s’en sort pourtant très bien ! Sa voix est ferme et forte. Rufus lui lance un super regard et lui adresse un immense sourire. Yeah  Marie ! Bravo !

Between my Legs

L’entracte est là, et Rufus de répéter que l’on peut aller boire, ou même partir si l’on veut. Ah ah ah !
A son retour il est revêtu de l’habit traditionnel allemand qu’il nous avait déjà sorti au Trianon (aidez moi je ne me souviens plus du nom !), et il a ajouté, vu la date (Halloween !), une cape et un chapeau de sorcière, à l’instar de tous ses musiciens ! Un zoom sur Rufus lors du Consort, et je vois que son piano est lui aussi constellé d’étoiles phosphorescentes.

Do I Disappoint You reste l’un des moments les plus marquant du set, avec un début cette fois différent de Paris, à la guitare électrique. Sa voix rivalise avec les cuivres, il est véritablement très impressionnant.
Slide Show, un peu plus tard, me fait regretter d’avoir vidé la batterie de mon appareil. Je reste suspendue à ses lèvres jusqu’à la fin lorsque dans un souffle il chante : « Do I love You ? Do I Love You ? …. Yes I do ». Arghhh c’est beauuuuuuuu ! Ce mec est énorme !
Il continue à épater la galerie avec une « vieille chanson irlandaise » que je n’apprécie pas plus que ça mais qu’il interprète à l’ancienne avec ses musiciens, sans micro, sans rien, juste au coffre, comme au théatre ! Je suis bluffée, forcément !

Bon et puis, voilà, fin du 1er rappel et je me retrouve à pleurer une fois encore sur Poses, décidément la plus belle des plus belles pour moi. Tout ce qui’l y a mis de lui, et cette interprétation. Je n’y résiste pas. Je ne m’y habitue pas.

Enfin dernier moment incroyable lorsqu’il revient en peignoir pour le deuxième rappel, et dévoile son déguisement final pour Get Happy de Judy Garland, talons aiguilles et collants, veste et chapeau. Et deux boucles d’oreilles qu’il met avec une lenteur jouissive devant nous, tout comme le rouge à lèvres rouge rouge rouge … Ce soir la chorégraphie avec les musiciens complices est pimentées des masques des présidents américains. Encore un bout d’Halloween (« Mais vous ne fêtez pas tellement ça ici, si ? »)

Set List : Release The Stars / Going To A Town / Sans Souci / Rules & Reg / Cig & CM /  Tulsa / Art Teacher / Tiergarten / Leaving For Paris / Between My Legs … Entracte … Consort / Do I Disappoint You / Foggy Day / If Love Were All / Nobody’s Off The Hook / Beautiful Child / Not Ready To Love / Slide Show / Macushlah / 14th Street … Rappel 1 … I Don’t Know What That Is / Danny Boy / Poses … Rappel 2 … Get Happy / Gay Messiah

25 titres, s’il vous plait ! Et deux heures de concert qui me laissent par terre, émue, enthousiaste, impressionnée une fois de plus par la performance et par l’artiste.

Vive Rufus !

5 réflexions sur “Rufus Wainwright (+ Scott Matthews) @ Hammersmith Apollo – LONDRES !

  1. Merci Isa, des étoiles plein les yeux rien qu’à te lire! encore un concert Fabuleux de Rufus 🙂
    et je me rends compte qu’il a vraiment peu parlé à Toulouse finalement, snif… enfin c’était génial quand même!
    Bon futur concert au Casino, tu y vas n’est-ce pas?
    Bises Marina

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  2. Merci pour ce commentaire des plus précis, au top comme d’hab !!! Si il nous fait Art teacher comme ça à Grenoble, je vais mourir c’est sûr !!!!

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  3. Ben dis donc merci pour ce récit, dans les conversations on pourra faire comme si on y était !!!

    Contente aussi que tu aies passé ces 2 belles journée londonienne….

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