Les kids en colo, les salles de concerts un peu mortes, on en profite pour aller au cinéma.
Après le fascinant « When you’re Strange », « Les moissons du ciel » en version restaurée (l’originale date de 1978) nous a plongés dans la vie des journaliers de la fin des années 1910. Images durables d’un ciel en feu, d’étendues de champs de blés caressées par le vent, à perte de vue, et d’une maison solitaire, dressée au milieu de nulle part. Réalisme cru d’une vie où la morale ne sait plus très bien où elle se situe exactement, porté par des acteurs forts (Sam Shepard, Brooke Adams et Richard Gere). Un grand film, avec une bande son à l’avenant signée Ennio Morricone.
« Tournée », en revanche, nous a déçus, malgré les bonnes critiques en provenance à la fois des copines et de la presse. On reste sur sa faim tout le long du film, attendant en vain le moment où des personnages qui ne sont qu’esquissés prendraient un peu d’épaisseur. Tout parait survolé : l’histoire, les filles, le manageur ; on ne ressent pas grand-chose et on s’ennuie ferme, malgré le concept du « new burlesque » (très « girls power ») qui offre les meilleurs moments de la séance.
« Copacabana » conte l’histoire de Babou, une mère originale rejetée par sa fille qui préfère ne pas l’inviter à son mariage plutôt que « d’avoir honte ». Le film est sympathique, tour à tour drôle ou émouvant, mais manque un peu d’ambition pour une Isabelle Huppert qui s’affirme avec régularité comme l’une des meilleures actrices françaises. Impossible, notamment, de rester de marbre lorsqu’elle se réfugie dans la cuisine, les yeux rougis, après le coup de massue que vient de lui asséner progéniture. On en ressort avec un sentiment de déséquilibre, tant elle écrase tout. Le film d’abord, donc (gentil, mais léger tout de même ; ce qu’on n’aurait sans doute pas remarqué avec une actrice un peu moins immense), mais aussi sa fille, qui joue le rôle de … sa fille et donc, ne joue pas tellement. Fausse bonne idée, d’autant qu’on ne peut s’empêcher de la comparer à sa mère dont elle est très loin de posséder la finesse, l’élégance, et encore moins le jeu. Cruel, malgré un joli moment tout de même.



Je suis content de voir que tu retournes au ciné! Dommage que « Tournée » ne t’ai pas convaincue. Mais je peux comprendre tes arguments. Ce que j’aime dans le film c’est que comme le requin, Joachim meurt s’il ne bouge pas, il est en perpétuel mouvement, même si parfois il brasse de l’air. Il emmène sa troupe vers des herbes qu’il espère à chaque fois plus vertes ailleurs. Son énergie est en cela fascinante à observer car elle fait écho à celle des filles sur scène mais elle est aussi beaucoup plus ingrate…
J’ai beaucoup aimé Copacabana pour sa non prétentieux, cette apparente simplicité. le film est léger mais fonctionne ce qui n’est pas si facile, il décrit aussi un monde précaire, angoissant et capitaliste dont Babou, fausse ingénue, s’arrange comme elle peut. Je ne crois pas qu’Huppert écrase tout puisque ces partenaires sont justes et efficaces dans leur répliques mais forcément moins colorés.
et pour finir moi je trouve Richard Gere super lisse! 😉 et na!
xx
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