WARHAUS (+ Noonzy) @ Paul B Massy | 28.11.2025

Cela faisait des lustres que j’avais positionné ce concert de Warhaus sur mon calendrier, agrémenté de la mention « acheter les places ». En ces temps où tout se prévoit mille ans à l’avance (coucou, le concert de Bertrand Belin prévu pour… mars 2027 !), ce type d’organisation de dernière minute est devenu tellement saugrenu qu’on en vient à douter de sa réalité. Danger, car en général, cela se termine mal : je finis par me réveiller trop tard, la soirée affiche complet, et je n’ai plus que mes yeux pour pleurer.

Il faut toujours des exceptions aux règles cependant, car en me réveillant 3 jours avant le concert, Warhaus nous attendait encore.

D’après nous cela ne voulait dire qu’une chose : le concert n’affichait pas complet dans notre pourtant si belle salle de Paul B (vraiment on adore Paul B, qui accueille les Primeurs de Massy depuis 1998, en misant sur les nouveaux artistes, ceux qui ont sorti un premier album dans l’année). Warhaus allait-il jouer devant une salle clairsemée ?

Evidemment, non. La salle était pleine, et pas que d’abonnés, mais de gens qui n’étaient pas seulement du coin, et de connaisseurs qui connaissaient les paroles par cœur. Une salle communicative, réceptive, engagée et participative, le genre de salle que l’on souhaite à tous les artistes.

Voilà qui tombait fort bien, car Maarten Devoldere s’était mis en tête de nous faire chanter à plusieurs reprises, et avec succès. L’homme n’en est pas à son coup d’essai puisque « Raiiiiiiise your glass to the night » (Blood Like Wine), régulièrement chanté à tue-tête par la foule, reste THE highlight des lives de Balthazar. Quel plaisir de faire des vocalises en concert. Rien de tel pour fédérer un public, et construire des souvenirs inoubliables.

Je ne saurais vous dire pourquoi je n’étais jamais allé voir le projet solo de Maarten Devoldere. Même si je préfère les morceaux écrits par Jinte Deprez (le brun de Balthazar), sur scène, c’est souvent le charisme du flamand blond qui retient toute l’attention.

Ce soir encore à Paul B, je me souviens à quel point j’aime sa voix chaude et grattée, rauque sans excès, sa diction, son parlé-chanté nonchalant et sensuel, sa façon de détacher toutes ses syllabes en les étirant jusqu’à l’extrémité des coins de sa bouche. Hyper charismatique, Maarten nous offre en plus son élégance de dandy qui se joue des contrastes pour mieux brouiller les pistes : un costume marron, oui, mais aux fines rayures roses et à la doublure bleu électrique somptueuse sur un t-shirt lambda – et sans ceinture, avec un pantalon « pattes d’eph », en bottines aux talons biseautés qui battent la mesure sur scène. Maarten Devoldere se distingue aussi avec son attitude très rock-n-roll, cette intensité toute dEUSienne qu’il a parfois (on n’est pas prêt d’oublier le lancé de cymbale au Bataclan), cette façon qu’il a de nous tenir en haleine et de nous faire comprendre qu’à tout moment, le set pourrait déraper.

Accoudés à la scène au premier rang, nous sommes placés juste devant le clavier, qui nous scotche avant même le début du set. Car derrière son clavier sont accrochés un trombone, ainsi qu’un violon. Allons donc ! Cela ne suffit pas, visiblement. Piano, instruments à vent ou à cordes, percussions (un shaker), guitare, Tijs Delbeke sait tout faire, y compris les chœurs, magnifiques. En plus du reste, le mec est canon ; n’en jetez plus, c’est indécent de tout cumuler à ce point.

Ce soir Maarten est « a little bit sick », ce dont il se sert comme d’une vraie fausse excuse pour ne pas chanter du Céline Dion pour sa session karaoké, clin d’œil au titre du dernier album, Karaoke Moon (« une petite tradition que je chante en karaoke »). Ce sera plutôt une reprise du titre Aline de Christophe. C’est l’un des moments les plus sympa du concert, un instant un peu saltimbanque, chanté debout au milieu de la fosse sur une sorte de caisse à savon, qui rend Warhaus très spécial.

La formation ne cesse de surprendre, nous sert des titres qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, allant du foutraque (The Winning Numbers, ou ce nouveau titre où le groupe se lâche – « Trump sucks ! ») à la ballade romantique (sublime ritournelle au piano – Hands Of A Clock, merveilleuse chanson d’amour – Where The Names Are Real). Sur scène, le rendu est éclectique comme rarement. Souvent expérimental, le projet rend dingue par son extrême richesse, la façon avec laquelle tout se mélange, comme si l’ennui n’était pas une option.

Ce parti pris s’étend jusqu’au rôle de chacun sur scène. Car si Maarten joue aussi de la trompette, Jasper Maekelberg, le guitariste (producteur, et l’un des meilleurs amis du chanteur), échangera sa place avec Tijs pour se mettre au clavier en fin de set – après avoir joué des percussions. Car oui, lui aussi est multi-instrumentiste. Faut-il le préciser : il est également parfait aux chœurs. Et canon. Argh !

Toute la soirée s’est passée ainsi, fascinante, avec cette concentration de talents, ces gens capables de tout créer, de tout jouer, de tout chanter. Cette classe…

Et sans avoir eu le temps de dire ouf, c’était déjà terminé.

Au moment de quitter la salle, mon voisin de gauche était tellement rempli de tout cela qu’il me regardait avec l’irrépressible envie de me dire à quel point il avait aimé, sans trop savoir comment le faire. Il n’en a pas eu besoin : j’étais comme lui, sur mon petit nuage. Et s’il vient me lire un jour, c’est l’occasion de lui dire en mirroir : Moi aussi, voisin de Warhaus à Paul B, j’ai adoré ce concert génial !

Photos et vidéos (c) Isatagada.

La playlist se termine avec 2 extraits du set de Noonzy, en première partie, qui nous a beaucoup, beaucoup plu.
Décidément, on aime les Belges ❤

2 réflexions sur “WARHAUS (+ Noonzy) @ Paul B Massy | 28.11.2025

  1. Je te l’ai dit je te l’écris, tes billets donnent ce supplément d’âme qui permet à des néophytes comme moi de s’intéresser, de jeter une oreille puis deux puis toute son écoute à un artiste. By the way, 🥳🎂🎁🎈🎀🎉🌷🌟joyeux anniversaire 🌟🌷🎉 🎀🎈🎁🎂🥳

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