Près de 20 ans plus tard (voir mon article sur son concert de 2007 : https://wp.me/p4FqGA-7wEo), Rufus Wainwright a donc remis le couvert au Trianon. Pas de doute, vingt ans, ça vous change un homme. Le Rufus d’alors, encore svelte et imberbe, s’était alors produit avec son groupe, avait sorti les déguisements d’usage, mais nous avait gratifié d’une setlist décevante.
Le Rufus de 2026, s’il a pris un peu de moelleux, poussé une barbe grise et a délaissé les tenues exubérantes pour des vêtements amples d’un style assez nouveau pour lui, nous a offert quasiment toutes mes chansons préférées (celles des premiers albums), en configuration classieuse majoritairement piano-voix (passion pianos à queue). Poses, The Art Teacher, Grey Gardens, Dinner at eight, Cigarettes & Chocolate Milk, Hallelujah pour ne citer qu’elles, c’est vous dire comme il a su me rendre heureuse. La preuve, j’étais comme une dingue à chaque nouvelle intro, d’où 15 titres filmés sur les 19, en regrettant encore d’en laisser de côté (pas tellement la nouvelle, mais Want, est-ce qu’il avait déjà chanté Want avant ??).

Cerise sur le gâteau, la participation de Pierre Lapointe (la « Gay connection de Montréal », selon Rufus 😅), d’abord pour son titre à lui (pas bravo, míster Wainwright, « Pierre’s song » c’est « Mes Joies Répétitives », enfin, voyons !), mais aussi pour In My Arms, dont il raconte avec une émotion que je ne lui avais jamais vue, que c’était sa chanson préférée, lui qui avait découvert Rufus avant même la sortie de son premier album.
Rufus est aussi connu pour ses « quotes », qu’il sait renouveler comme aucun homme politique français ne saura jamais le faire. Ce soir, il nous révèle que sa grand-mère maternelle était une demoiselle La Trémouille (ajouter une particule), et que ses ancêtres ont pris une part active à la fin tragique de Jeanne d’Arc, brûlée sur son bûcher (il a joué à Rouen quelques jours plus tôt, d’où l’occasion de nous raconter cette histoire).

Autre anecdote, Il nous raconte également comment, alors que son arrière grand-père maternel aimait aller écouter des comiques américains aux blagues à ne pas mettre entre toutes les oreilles, il demandait à sa fille de 10 ans, bilingue (lui ne parlait que français), de les lui traduire, du temps où sa famille maternelle habitait à Paris.
Côté chanson parisienne, La Complainte de la Bute (si vous avez vu le film Moulin Rouge, vous connaissez au moins une chanson de Rufus Wainwright !) est forcément au rendez-vous.
Côté potins, il y aurait de l’eau dans le gaz avec Jorn (que « personne n’aime »). « Ils se donnent du temps », tout du moins. En tout cas, Leur maison de Laurel Canyon, à Los Angeles, est en vente.

Comme je n’aime pas franchement les nouvelles chansons (Old Song jouée ce soir enchaînée avec Early Morning Madness, Look Down at the Stars), mon côté scandaleusement égoïste me fait penser que peut-être, cette période donnera naissance à des titres sublimes.
En rappel, Going to a town, composée pendant l’ère Bush, s’avère toujours aussi dramatiquement d’actualité (« No Shit ! »), tandis qu’à sa suite, on se dit qu’Hallelujah fait une merveilleuse fin de concert.
C’est pourtant Dinner at Eight que Rufus Wainwright choisira comme final de cette parfaite soirée. Avec un clin d’œil à son père, lui qui est désormais père à son tour.
Le temps qui passe, la famille, les gens dont on finit par chausser les chaussures… Retour au Trianon. Retour à l’essentiel.
La bouche est bouclée.
Parfaite soirée.
Mention spéciale pour les fidèles d’entre les fidèles, Sand et Aline (et en bonus ma fille chérie, échappée ce soir de sa 6ème année d’études de médecine, élevée à la musique de la famille Wainwright), Eline et Olivier, Alain, Thierry et Lionel, Julia et ses parents (à qui je dois l’unique setlist du concert, merci !) : c’est toujours un réel plaisir de vous croiser au fil des années.

Set List : GREY GARDENS, VIBRATE, THIS LOVE AFFAIR, OUT OF THE GAME, MES JOIES RÉPÉTITIVES, IN MY ARMS, THE ART TEACHER, OLD SONG, EARLY MORNING MADNESS, GAY MESSIAH, WANT, MONTAUK, LOOK DOWN AT THE STARS, LA COMPLAINTE DE LA BUTTE, POSES, CIGARETTES & CHOCOLATE MILK, GOING TO A TOWN, HALLELUJAH, DINNER AT EIGHT
Photos et vidéos © Isatagada
Album photos à voir ici :
https://www.flickr.com/gp/isatagada/K1tW74221Q

Album vidéos à regarder là : https://youtube.com/playlist?list=PLS4EfmGYf7LcESF8r0HrVIg3aLOam4UCw&si=WdaBQ2yuILlP678j
