Peter Doherty @ Olympia | 18.02.2026 – Quel festival !

Je ne me lasse pas de voir Peter Doherty en concert. Cette fois encore à l’Olympia, il nous a fait un festival.

Alors que je me trouve miraculeusement au premier rang (merci à toi, venu de Saint-Brieuc, de m’avoir gentiment fait une place à la barrière), le plus français de nos anglais préférés commence par débarquer sur scène à 19h50 pour se poser sur une chaise pliante afin de mieux de déballer un carton de livres dédicacés de Mike Joyce (les derniers, apparemment), et de les vendre en direct à qui en voudra dans la salle, encore très clairsemée à cette heure.

Il est comme ça, Peter Doherty, toujours prêt à rendre service mais aussi à faire connaître les gens qu’il aime. A la Flèche d’Or, il avait fait venir une artiste de stand-up (lire ICI) et ce soir, ce ne sont pas moins de 3 premières parties qu’il nous présente, chaque fois avec un petit speech d’introduction de sa part.

La soirée commence avec Junior Brother, qui représente avec fierté la scène irlandaise. Nous avons là un chanteur pénétré à la voix et à la guitare sèche, un joueur de banjo qui officie également aux chœurs, et un virtuose du flutiau parfois sommé de prendre une pause et d’emmener avec lui sa chaise pliante (« It’s on his contract »), pour une sorte de folk punk mâtinée de Sufjan Stevens (le flutiau ! le flutiau !). Honnêtement ? C’est vraiment bien. Suffisamment en tout cas pour que Peter Doherty le signe sur son label Strap Originals.

Nous restons en Irlande pour une 2ème 1ère partie survoltée. Avec une voix qui fait parfois penser à celle de Joe Talbot (IDLES), une belle batterie, des riffs de guitare bien sentis et une grosse présence sur scène, Real Farmer convainc jusqu’aux VIP qu’on aperçoit entre les rideaux de côté, qui ne se font pas prier pour danser en coulisse. Le chanteur fait le show et se donne sans compter, arpentant la scène de long en large, faisant de grands sauts et s’indignant de tout ce dont il faut s’indigner. Lui aussi a été signé sur Strap Originals et on n’a aucun doute : Perter Doherty et ses acolytes sont fans.

Chacune des deux formations a joué pas mal de temps et l’Olympia commence à s’impatienter. Lorsque Peter Doherty annonce une troisième première partie, qu’il nous demande d’applaudir car elle vient de loin, la salle gronde un peu… avant de fondre devant la merveilleuse Morag Butler, qui ne restera que le temps d’une reprise de Night Of The Hunting, largement acclamée.

Généreux, Peter Doherty le sera aussi largement avec nous, piochant dans tous les registres pour n’oublier personne. De Last Of The English Rose à There Is A Light That Never Goes Out, l’Olympia aura droit à 20 titres, piochés tour à tour dans le répertoire des Libertines (dont Time For Heroes avec Bertignac en guest star), des Babyshambles (triomphe pour F*ck Forever), de ses albums solo, de son projet avec Frédéric Lo (qui le rejoindra sur scène pour The Fantasy Life Of Poetry) mais aussi de The Smith (2 titres, Paris est gâté) et Trampolene, le groupe de son guitariste, Jack Jones.

Il faut d’ailleurs en parler, de ce guitariste, dont on aurait pu penser qu’il serait écrasé par les monstres de musiciens alignés (Mike Joyce – le batteur de The Smith, Mike Moore – le guitariste de Liam Gallagher, Mark Nearly – le bassiste de Baxter Dury), alors qu’il aura tout au contraire été le meilleur co-animateur possible, jouant à chaque instant avec Peter Doherty dans une sorte de bromance aussi insolente qu’impudique et par-dessus tout, joyeuse.

Voir ces deux-là prendre leur pied à ce point sur scène, s’amusant comme on imaginerait des ados le faire dans leur chambre, nous balançant leur bonheur évident à la figure, était peut-être le must de la soirée, comme si nous avions eu la chance de les rejoindre, sur invitation miraculeuse, dans une sorte de paradis originel pour zikos.

Cerise sur le gâteau, la chanson de Jack Jones, écrite puis envoyée à Peter Doherty pendant le confinement, est excellente. Cela ne va pas de soi de prime abord, car les choeurs de Peter et de sa femme Katia (aux claviers) mettent nos oreilles au supplice. Malgré tout, la force mélodique de la chanson s’impose sans contestation possible, et les voir aussi heureux est contagieux.

Alors que j’étais passée à côté de son album avec Frédéric Lo, le dernier en date m’a fait retrouver la sensation éprouvée avec le Salome de Grace/Wastelands, d’être en face d’un singer songwriter d’exception Ainsi Baron’s Claw sur le dernier album des Libertines, ou The Day The Baron Died sur Felt Better Alive, est un bijou mélodique irrésistible :

J’aime cette version inspirée et désinvolte d’un Peter Doherty, so British, qui déambule en costume et chapeau, cane à la main. Sans avoir tout à fait retrouvé sa silhouette de jeune homme, il a perdu pas mal de poids et est en grande forme. La France semble en tout cas l’avoir adopté au moins autant qu’il l’a adoptée, si l’on en croit l’ovation qui répondra à sa question : « Anyone from Normandy? »

Et de poursuivre : « What I like about France is that you have something called « autoroute du soleil » ; this is fuckin’ great ! »

Loin du soleil, Paris, qui est toujours la capitale, aura la faveur d’une deuxième reprise de The Smith. Tous n’auront pas eu cette chance. Alors Paris a savouré.

Et Paris a chanté !

Merci Monsieur Doherty, merci pour cette belle, cette très belle soirée.

J’en redemande.

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