The Lanskies @ la Maroquinerie | 22.09.2026

« Mais bien sûr que je me souviens de toi », affirme l’inénarrable Lewis Evans dans son pull en coton arc-en-ciel, alors que je vais directement (on ne voit que lui) l’embrasser en arrivant dans la cour de la Maroquinerie.

Pourtant ça fait 20 ans depuis leur mémorable Flèche d’or, 18 ans que le groupe partageait des plateaux avec Blackpool (que je manageais à l’époque, pour ceux qui suivent), 17 ans depuis leur dernière Maroquinerie, 14 ans depuis leur prestation aussi épique qu’inoubliable à Rock en Seine (tu sais, les Inrocks, quand Lewis a terminé le concert en surfant sur la foule jusqu’au BAR – et pas autre chose). De Blackpool, il me reparle des tee-shirts au logo parfait ; du reste, Alexis et Guits ont demandé une invit et sont sur la liste.

Mais bien sûr, au rayon des souvenirs, c’est Marc Brendel, le guitariste et l’un des membres fondateurs, qui s’impose. L’annonce de son décès, il y a déjà quatre ans de cela, avait été un choc.

Du line-up original, il ne reste que Lewis Evans (« The Lanskies, c’est moi ! ») et Florian von Kunssberg, mais le groupe a conservé son adn et dès les premières minutes, on retrouve tout qu’on avait aimé chez nos anglo-normands préférés.

Le concert débute en faisant la part belle aux titres issus de leur premier album à succès, Bank Holiday, sorti en mai 2010. Lewis en profite pour remercier Loïc de Bénazé, leur producteur historique, dans le public.

Lewis tombe rapidement le pull pour arborer un tee-shirt « Kiss Me » et une casquette « Jesus Saves / I Spend ».  Il a toujours cette même pêche qui emporte tout sur son passage. A le voir se démener sur scène avec une tchatche et un naturel confondant, on se dit qu’on a une chance folle de pouvoir encore profiter de l’espèce de bonheur jouissif et débridé dégagé par les Lanskies.

Chaleureux, jouissivement bavard et formidablement charismatique, le frontman est décidément l’âme du groupe (comment lui en vouloir d’avoir oublié les vinyles ?!), mais tous les musiciens sont au top et se donnent sans compter. Alexandre Paul, le nouveau guitariste, se distingue particulièrement, pas seulement en raison de son bob, mais par le plaisir manifeste qu’il prend sur scène.

La britpop post-punk à la Strokes du quintet n’a pas pris une ride, contrairement à nous. Elle nous fait toujours danser, y compris lorsque les nouveaux morceaux prennent le relais.

Fortune Teller est de ceux-là. Le titre est en playlist sur Ouifm depuis la sortie de War Machine, le nouvel album, et c’est un peu la classe. En introduction, Lewis rend hommage au chanteur Steve Allen, du groupe de Liverpool Deaf School, qui l’a inspiré quand il était petit, et est dans la salle :

Parmi les nouveautés, Jacky a tout le potentiel d’un tube avec son refrain à reprendre en chœur.

Gros coup de cœur aussi pour Sexy Teacher (« On you back On you eyes On your lips / Unexplainable features / Sexy Teacher »). Je ne peux m’empêcher de penser que ça aurait pu être un titre des Blackpool.

The Lanskies a inventé pour eux le nom de Hot Wave, le côté « Cold » du truc habituel étant évidemment inadapté pour décrire la bonne humeur et l’énergie scénique de la formation. On avait presque oublié à quel point la voix de Lewis Evans était exceptionnelle. Profonde et généreuse, à la Robert Smith, elle est aussi gouailleuse à souhait, comme tout lad de Liverpool qui se respecte.

Lewis reste le petit plaisantin qu’il a toujours été et personne ne le croit lorsqu’il annonce un dernier titre qui n’est pas Bank Holiday, quand bien même les filles de Pussy Miel, qui ont assuré la première partie, viennent les rejoindre. Alors forcément, on le rappelle pour cette véritable bombe qui est le climax du concert, le lâcher-prise ultime.

C’était sans compter sur cet ultime retour après la fin du titre, où sur la 3ème marche du cirque, je me retrouve tout à coup avec Lewis à mes côtés, qui reprendra le titre avant de descendre une dernière fois chanter et danser en fosse, pour deux ou trois séances de pogo, non filmées cette fois – pour cause de participation active.

Merci les gars, pour la fête de ces retrouvailles, pour la joie de vivre, pour la musique ! C’était trop bon 🫶

 

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