Primeurs de Massy 2026 : Lila-May, Ritual Riots, Wamen, Meryl Streek, Pamela.

Plus de vingt ans que nous sommes fidèles au festival des Primeurs de Massy, qui met en lumière les artistes au moment de la sortie de leur premier album.

Comme c’est un peu la DA de ce blog de faire découvrir les inconnus d’aujourd’hui, on est forcément fan, même si avec les années, on fatigue un peu : cinq concerts par soir pendant quatre jours est devenu mission impossible, mais on essaye au moins de faire une ou deux soirées, en bons voisins.

Cette année c’est le jeudi que nous avons sélectionné, menés par l’envie de revoir Pamela, après Rock en Seine et le Trianon.

Mais d’abord, passage obligé par le patio de Paul B. pour une petite crêpe (2€), quelques huîtres, et/ou une boisson (il y a trois bars au fond de la photo).

Outre sa programmation, j’adore Paul B. pour son sens de l’accueil, sa convivialité, l’atmosphère qui y règne. On s’y sent tout de suite chez soi.

La soirée démarre dans la grande salle avec Lila-May, sorte d’Olivia Dean française en développement.
Ses musiciens sont en chemise blanche et cravate, elle en robe courte 60s.
Ça swingue, ça groove, ça jazze. Elle vient tout juste d’avoir 18 ans, et elle a surtout une très belle voix. Son frère, à qui elle dédie son titre Letter to My Favorite Boy, est aux compos et aux claviers. Lui n’a pas encore vingt ans. Impressionnant.

J’aurais pu citer Amy Winehouse au lieu d’Olivia Dean, mais Lila-May me prouve que j’ai vu juste en chantant Good on my own, sur le thème de « je n’ai pas besoin d’amoureux », cher à Olivia. CQFD. (Cliquez ICI pour revoir Be my own boyfriend live à paris)

Le set se termine avec une reprise de Sam Cook et ce sentiment que si c’était très bien techniquement, ça manquait peut-être un peu d’émotion.
Mais à 18 ans, c’est déjà admirable.

Le 2ème groupe, Ritual Riots, est emmené par le guitariste Stéphane Hoareau, voix singulière du maloya réunionnais croisé avec le vaudou haïtien.
Beaucoup de percus et une contrebasse, oh yeah !

Les langues se mélangent et sont même parfois inventées. Après l’attentat raciste de Trappes, Stephane Hoareau nous rappelle que la créolité est importante ; que « les différences, c’est bien. Surtout en ce moment ».
On ne saurait être plus d’accord.

Si Stéphane Hoareau est la Réunion, les rites haïtiens sont de Claude Saturne, en jaune, à gauche. Moi c’est David Doris, aux percussions et au chant également, tout à droite, qui m’enchante par son sourire et sa voix chargée d’un enthousiasme communicatif, tandis que Hugo Cechosz officie ce soir à la contrebasse (il remplace Théo Girard) et David Aknin à la batterie.

On retourne dans la salle principale pour Wamen, dont le nom de scène est un hommage à sa grand-mère camerounaise. La jeune femme a arrêté ses études pour se consacrer entièrement à la musique. Entre jazz, soul, rap français et sonorités africaines, elle est à l’évidence Faite pour ça. Décidément, les femmes ont de la voix et du talent, ce soir à Massy.

Comme beaucoup de ses contemporains, Wamen a su conquérir son public sur les réseaux, qui est venu en nombre à Paul B. Ses histoires de ruche et de diva sont plutôt agaçantes, mais elle chante en français, vraiment très bien, tout en offrant beaucoup d’elle-même dans ses titres où elle maîtrise tous les registres et passe d’une belle puissance à une douceur chuchotée avec une aisance bluffante. On lira plus tard qu’elle a fait la première partie d’Aya Nakamura au Stade de France. Ah oui, quand même !

Wamen remercie souvent son guitariste Nassir Kélian, son meilleur ami, qui compose aussi pour elle. Elle n’oublie pas le reste du groupe. Et l’on se dit ça fait du bien de voir des artistes accompagnés de beaucoup musiciens. Merci les Primeurs pour ça !

Sacrilège, il semble que Meryl Streek, qui se produit à présent au Club, en soit à son TROISIÈME album. Mais comme il défend les couleurs de la scène punk irlandaise, on lui pardonne.


D’autant qu’il a décidé de commencer son concert en chantant et dansant au milieu du public. La salle est le plus souvent plongée dans la pénombre, alors qu’il s’éclaire d’une sorte de lampe de poche
Punk’s not dead !!!

« Every song is a real story. About real People »
Massy aimerait parler irlandais couramment pour comprendre pleinement les chansons spectaculaires de Meryl Streek. L’intensité est réelle. Il a l’air de ressentir la violence de chaque mot qui sort de sa bouche. C’est brut, voire brutal ; sans filtre, en tout cas.

« 93 wounds found on her body. This is a song for Kelly Lynch »
Ce mec a la rage. Il habite chacun de ses textes et arpente la scène de gauche à droite comme un lion en cage. C’est puissant (si tu comprends l’Irlandais), c’est même fascinant.

Waouh. Grosse claque.

Pamela clôture la soirée. Après leurs prestations 2025 à Rock en Seine puis au Trianon, on avait bien envie de les revoir. Il est très tard (23:40), mais le public est resté nombreux (« Merci de n’avoir pas pris le dernier RER ! »).

Pour ceux qui ne suivent pas, on rappelle que la formation se compose d’un chanteur originaire de l’île de Jersey (Sam Sprent, dont le maillot de foot est floqué ce soir du des géniaux IDLES), du batteur Nantais de Zaho de Sagazan (Simon Quénéa), et sur scène, d’un bassiste Normand. C’est de la pop pour danser. Alors, pour notre troisième concert du groupe, on danse ! Sans se faire prier !

La formation est à fond, et livre un très bon concert juste avant la sortie de leur album, Dancing on the edge, le 20 novembre. Chauds comme la braise, ils nous offrent de longs moments électro à l’image de leur influence commune, LCD Soundsystem. Bien inspirés par le contexte général en France, ils appellent à « bien voter » aux prochaines élections (puis, encouragés par la réaction du public : « Vous avez compris qu’on parlait de voter LFI » ?), à s’élever contre le fascisme et à militer pour l’amour… Et la danse !

Ils seront de retour le 2 février 2027 à la Maroquinerie. Allez les voir !

Il est minuit et demi quand on repart de Massy. Rincés. Mais avec le sentiment d’avoir assisté à une soirée passionnante, sans rien à jeter.

Merci les Primeurs pour cette nouvelle édition. J’t’aime, tu sais 🫶

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Les 17 vidéos de la soirée en playlist :

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