Ghinzu @ Paris, Olympia| 14.10.2026

Revoir Ghinzu est toujours une fête. Surtout quand l’amie Deedo nous attend tout devant et que les conditions du concert laissent pleinement profiter du moment, contrairement aux expériences de côté (avec les aller-retours incessants de l’insupportable public de l’Olympia) ou de fond de salle (d’où l’on ne voit rien).

We Hate You Please Die assure la première partie. Trio punk majoritairement féminin (« More women on stage ! »), on ne discerne pas vraiment les mélodies sur le moment, d’où un son difficile à apprécier quand on ne connait pas les morceaux. S’ils ne me séduisent qu’à moitié sur le moment, une écoute ultérieure m’a plu davantage. Tiens, un peu comme les regrettés Pogo Car Crash Control !

Les retrouvailles avec nos belges préférés sont un régal. Depuis leur trop longue absence, chaque concert est vécu comme un petit miracle. Plutôt que de créer de la distance, le silence nous a fait prendre la mesure des choses. Le moindre concert est désormais une chance dont chacun – le public comme le groupe, se délecte avec une gourmandise complice.

Une barrière est tombée, on a presque l’impression de retrouver des copains. « Notre fille fête son anniversaire ce soir » lance d’ailleurs John Stargasm, laquelle  se retrouve portée en triomphe sous les « Joyeux anniversaire » de l’Olympia. Des vieux potes, on vous dit.

Depuis leur prestation 2024 à Rock en Seine, on n’a pas seulement découvert un album, mais aussi l’un des membres du groupe. Il faut dire que notre passion pour Greg Rémy nous avait fait occulter le reste de la formation. C’était très injuste. Il aura fallu vivre un concert de Ghinzu depuis le côté droit de la scène, pour goûter à l’incroyable Jean « Montevideo » comme une expérience formidable. L’homme est inarrêtable, fait merveille sur toutes les parties chantées, passe des synthés à la guitare, aux percus électroniques ou même à la trompette avec une maîtrise presque écoeurante. Il trippe comme on adore voir un musicien tripper, yeux fermés, bouche ouverte, tête rejetée en arrière, frôlant la petite mort avant de repartir virevolter avec sa gratte.

Bien sûr, ça n’empêche pas d’attendre ce moment où John Stargasm finit perché sur son clavier pour y jouer de la guitare. Il reste le leader incontesté, celui qui fait le show, sait tout faire et tout chanter, reste charismatique en toute circonstance – et même assis.

Les grands groupes alignent systématiquement plusieurs grands musiciens de toute façon. C’est imparable.

Pour être honnête, le groupe n’avait pas réellement besoin d’un nouvel album. On n’aurait pu se contenter des précédents jusqu’à plus soif, tant qu’il y a des concerts. Certes W.O.W.A. (When Other Worlds Await), sorti au printemps, ne démérite pas. Sans susciter un engouement dingue, ce qui frappe, une fois de plus, c’est cette capacité à créer des morceaux totalement différents, comme ici, ce Morning Lights que d’aucuns trouvent très Fontaines D.C., à comparer avec Snow White et son refrain à la Justice.

Ce sont néanmoins les anciens titres qui font basculer la salle dans une quasi euphorie. Et surtout, ceux de l’album Blow. Quelle folie, alors ! Et ça bouge. Et ça chante. Et ça sourit à s’en faire mal.

Ah, ces morceaux qui nous frappent comme des vagues, nous contiennent pour mieux nous relâcher d’un coup, se libèrent par phases pour ne jamais nous laisser nous ennuyer un instant ! 

Comme ici cette deuxième partie de Dragster Wave, qui nous embarque alors même qu’on avait décidé d’arrêter de filmer (c’est raté).

Le groupe salue après une heure de set. Comment pensent-ils sérieusement nous faire croire à la fin du concert. Forcément, il y aura un rappel : Blow n’a pas été joué !

« Sometimes you’re the crowd, screaming too loud », ce morceau ne lasse jamais, avec sa construction épique, son crescendo, son explosion de guitare et clavier, ses paroles à chanter en cœur (« Don’t tell me you don’t you… Something you can hide, somewhere we can dance the boogie »), la voix de John Stargasm qui change mille fois au cours du titre. Légendaire.

Ultime retour sur scène avec un Forever (« Together ») intimiste de circonstance, accompagné d’un Greg Rémy assis en bord de scène et de notre leader ravi, le sourire en étendard pour la millionième fois de la soirée.

Quel super concert. Quel super morceau de vie à ajouter à la collection.

Je ne le dirai jamais assez : la musique rend heureux !

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