Chère salle Pleyel, comme tu es belle et comme je t’aime. Pourtant, quelle tristesse de t’avoir transformée en salle de concert rock, ce que tu n’es décidément pas.
Pas de fosse cette fois, les billets ont été achetés via mon CE qui prend systématiquement des places assises. Certes, nous sommes chaque fois bien placés (cette fois au parterre juste derrière la fosse, au 10ème rang), et je ne crache pas de temps à autre sur un siège qui permet de poser ses affaires et de reposer ses pieds que les talons mettent à rude épreuve. Mais c’est un concert de rock, pas un récital, et on se dit que les gens vont bien se lever à un moment, non ?
En fait, on a largement sous-évalué la fatigue de ce public assis dont, avec le recul, on réalise que la moyenne d’âge est bien supérieure à la moyenne des concerts que l’on a fait ces derniers temps.
Pauvre Tom Smith, pauvres musiciens qui n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts, lui surtout, courant partout, de moins en moins souvent statique derrière son piano, avec ses attitudes désormais caractéristiques à la Birdy et sa voix impossible à prendre en défaut. Quel performer plus charismatique que jamais, quelle immense progression depuis ses débuts un peu trop sages ! Honte à nous, public assis de Pleyel, pour n’avoir pas récompensé dignement cette générosité scénique, ce son impeccable, ces lumières incroyables, cette énergie folle.
Pour Bones, on en est encore qu’au début du concert mais personne ne bouge. Deux titres plus tard, Sugar, dont le rythme bien lourd appelle irrésistiblement au headbanging, les quelques têtes qui se balancent d’avant en arrière sont si peu nombreuses qu’il y a de quoi rendre fou !
Au mileu du set, on se dit que le parterre ne va pas résister à Papillon. Il résiste. Comment ces gens font ils pour rester aussi extraordinairement statiques ? Même sur les morceaux les plus récents et les plus électroniques, censés transformer la salle en dance floor, rien ne s’est passé.
C’est fou de regarder de loin cet autre concert, sous nos yeux, avec ce public de fosse qui saute dans tous les sens et qui semble aux antipodes que celui auquel on assiste. La différence entre le spectateur et acteur est bien là, qui nous saute à la figure. La frustration est immense.
Fin du concert, rien n’a fait lever ce public qu’on a simplement envie de détester. Puis le rappel. On se regarde avec ma filleule : cette fois ça va le faire, forcément. On se lève. Mais Distance n’entraîne pas les foules et les grognements nous font nous rasseoir. J’en pleurerais.
Munich. Tant pis pour la bonne éducation et le respect de l’autre, on peut me taper dessus ça m’est égal : on arrive à la fin et je me lève. Miracle, ceux qui rongeaient leur frein comme nous sans doute se lèvent aussi, puis toute la salle. ENFIN.
Mais c’est bien tard et il ne reste qu’un dernier titre : Smokers Outside the hospital doors.
Cette fichue impression d’être restée « outside the doors » : c’est bien ce qui me restera de ce concert.
Pardon Editors, tu aurais mérité mieux que nous ce soir.
Photos et vidéos (c) Isatagada
Set photo complet : https://www.flickr.com/photos/isatagada/albums/72157712945061313





J’essaie de faire prendre des places debout mais ce n’est pas toujours possible 😉
Dommage cette fois encore…
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Ça aurait pu être super si les gens avaient bien voulu se lever ! Je me souviens de concerts où ça avait été le cas, à Bercy notamment.
Merci en tout cas 🙂
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